DE BYZANCE A ISTANBUL ... A VISITER
Une recommandation ... ne ratez pas de visiter, l'exposition au Grand Palais "DE BYZANCE A ISTANBUL".
Il faut prévoir au minimum deux heures de visite ... et un peu plus en cas d'affluence, ce qui était le cas, hier. Cela démontre que cette exposition connaît un énorme succès.
Exposition qui s'achève le 25 janvier 2010.
Vous y découvrirez les trésors de Byzance, de Constantinople ... sans vous rendre à Istanbul ... même si personnellement, nous vous conseillons de poursuivre votre visite ... le plus rapidement possible, par un séjour, à Istanbul pour partir à la découverte de cette ville ... européenne.
Byzance, Constantinople, Istanbul, la visite de l'exposition s'achève par des découvertes récentes (L’ancien port antique et byzantin d'Istanbul est en cours de fouilles. Outre les structures jusqu’alors inconnues, ce sont des dizaines d’épaves dont la plus récente date du Xème-XIème siècle qui sont mises au jour.), suite au creusement à Yenikapi (partie européenne) du futur métro sous la mer Marmara.

Bosphore, Corne d'Or, Marmara ... Istanbul vu du ciel
En vidéos, les travaux à Yenikapi
D'ici 2012, le métro doit rejoindre les deux parties d'Istanbul, Un chantier gigantesque des deux côtés du Bosphore.
Vers Kumkapi, sur la partie européenne, découverte d'un important site archéologique, des vestiges d'un port de l'ancienne Constantinople a été découvert. Ce qui a entraîné des retards dans les travaux.
Une véritable fourmillière humaine travaille sur ce chantier.
Un diaporama de photos de la Basilique Sainte-Sophie, à Istanbul.
BYZANCE A L'HONNEUR AU GRAND PALAIS
Cinq cents objets présentés au Grand Palais, à partir du 10 octobre
C'est l'exposition phare de la Saison turque en France. Elle a pour sujet une ville au coeur de l'histoire, mais aussi de l'histoire de l'art, qui s'appela Byzance puis Constantinople puis Istanbul. L'exposition " De Byzance à Istanbul " ouvrira le samedi 10 octobre au Grand Palais, à Paris. Les 500 objets et oeuvres d'art qui y seront présentés racontent, à leur façon, cette aventure.
Il est rare que la chute d'une cité marque autant la fin d'un monde qu'un changement d'ère. Pour de nombreux historiens européens, c'est ce qui advint en 1453, date de la chute de l'Empire romain d'Orient. La prise de Constantinople par les troupes de Mehmed II symboliserait la fin du Moyen Age, et le début de la Renaissance.
Les historiens d'art sont plus nuancés. Certes, l'exode qui suivit la conquête ottomane inonda l'Europe des meilleurs vestiges artistiques, philosophiques, littéraires ou scientifiques, du défunt Empire romain d'Orient. Mais les échanges étaient depuis longtemps attestés, au point qu'on a pu parler de pré-renaissance carolingienne, certains bâtiments d'Aix-la-Chapelle, la capitale de Charlemagne, étant directement inspirés de l'architecture byzantine, tout comme la pratique particulière de la sculpture de l'ivoire, en vogue à Byzance au moins trois siècles avant de tenter les artistes carolingiens.
La vérité, c'est que Byzance fascine depuis sa fondation. Elle a l'avantage, et l'inconvénient comme en témoignent les invasions subies, de se trouver au carrefour de deux mondes. Un point de passage obligé, sur les routes commerciales ou militaires qui joignent l'Orient à l'Occident. Elle commande aussi l'accès à la Méditerranée des territoires situés au nord-est, ce qui signifie la Russie. Désirable, elle fut souvent violée, mais engendra de beaux enfants.
Les 500 objets du Grand Palais viennent de collections turques, françaises, et d'ailleurs. Il y est autant question d'art que d'archéologie, de pièces profanes que d'objets sacrés. Ses organisateurs, et en premier chef Nazan Olçer, directrice du musée Sakip Sabanci à Istanbul, ne comptent pas retracer 800 000 ans d'histoire ! Ils ont choisi des grands moments, des chefs-d'oeuvre grecs, romains, chrétiens, musulmans. Et porté attention au quotidien des humbles. Des petites gens qui, des siècles durant, furent nourris gratuitement par les soins de l'empereur - cas unique dans l'Europe médiévale. Constantinople est alors la ville la plus prestigieuse de la chrétienté. La plus peuplée aussi, et sans doute la plus riche. Elle fascine et agace.
En 968, l'ambassadeur de l'empereur d'Allemagne Othon Ier s'indigne d'entendre qualifier son maître de simple " roi ". Car l'empereur, ce n'est pas rien. Comme le sultan qui viendra après lui, il est " l'ombre de Dieu sur Terre ". En témoigne la perspective dont on use pour ses effigies. Comme celle des icônes, elle est inversée, c'est-à-dire que le point de fuite ne se situe pas vers l'arrière, mais vers l'avant, à l'emplacement supposé du spectateur. Il ne s'agit pas de regarder une image, c'est l'image qui vous regarde. Sa puissance et sa majesté se retrouvent aussi dans les arts somptuaires.
La situation de Byzance est aussi cruciale durant les croisades. Prier devant des reliques peut valoir au pèlerin des siècles de rémission. Or, des reliques, la ville en recèle autant, sinon plus, que Rome. Et qui dit reliques dit reliquaires. Ceux que façonnent les artisans byzantins sont parmi les plus sophistiqués qui soient. En 1204, après le pillage de la ville par les croisés, ces trésors sont dispersés en Europe pour le plus grand profit des collectionneurs.
Quand le Turc se présente aux portes de la ville, en 1453, la puissance de Byzance n'existe plus. Ce sont les conquérants qui la rétabliront. Mehmet II, puis Soliman vont relever la ville et en faire une des plus brillantes du monde. En usant de principes alors révolutionnaires. La société turque accueille chrétiens, grecs, juifs chassés d'Espagne, et leur offre la liberté de culte, attirant ainsi la crème des artisans et des commerçants. Ces derniers bénéficient aussi, comme les musulmans, d'une justice écrite et égalitaire.
C'est encore une des seules villes - dans un monde qui des siècles durant va préférer la naissance au talent - à être fondée sur la méritocratie. De jeunes gens, souvent chrétiens, sont éduqués de force : " Les Turcs se réjouissent quand ils trouvent un homme exceptionnel, comme s'ils avaient acquis un objet précieux, et ils n'épargnent ni leur travail ni leur effort pour le développer ", écrit un voyageur occidental, cité par André Clot dans sa biographie de Soliman (Fayard). Certains deviendront militaires (les célèbres janissaires, la seule armée permanente et salariée de l'époque, disciplinée comme nulle part). D'autres, fonctionnaires. Tous sont payés selon leurs mérites, jusqu'à devenir grands vizirs, richissimes. Et de se lancer dans des dépenses somptuaires. D'autant que leur fortune ne se transmet pas : elle dépend, comme leur vie, du sultan.
L'exposition met en valeur les arts militaires (sabres, casques, ou une masse d'arme aux boules en cristal de roche, plus spectaculaire qu'efficace) et les arts somptuaires, objets à la gloire du sultan, comme de ses plus importants serviteurs. Car la salle du Divan, qui réunit ses conseillers est, selon André Clot, " d'un luxe inouï. Lambrissée jusqu'à mi-hauteur, la partie supérieure est décorée d'arabesques incrustées d'or et de pierres précieuses. La cheminée est en argent doré, à côté d'une fontaine de cristal. L'intérieur du dôme, le parquet même, sont couverts d'or ".
Le bling-bling de l'époque n'excluait pas une bonne éducation : la plupart des sultans goûtent, voire pratiquent la poésie, et la calligraphie est un art majeur. Au point que l'imprimerie sera interdite en 1483 et ne sera accessible aux musulmans turcs qu'au XVIIIe siècle. Ce n'est pas le moindre paradoxe d'une civilisation qui fut une des plus belles de la Renaissance.
Harry Bellet
" De Byzance à Istanbul "
Galeries nationales du Grand Palais. Paris-8ème. Métro Champs-Elysées-Clemenceau. Tous les jours, sauf le mardi, de 10 heures à 20 heures ; le mercredi jusqu'à 22 heures. Fermeture à 18 heures les 24 et 31 décembre et toute la journée du 25 décembre. Jusqu'au 25 janvier 2010.
Entrée 11 ¤. Catalogue, sous la direction d'Edhem Eldem, Ed. RMN, 384 p., 49 euros.

Contantinople, la Mosquée Bleue
Pour découvrir cette ville en photos : http://istanbulenphotos.canalblog.com/
QUAND BYZANCE FASCINAIT ET AGACAIT LE MONDE
Dans le quotidien, Le Monde, la présentation de l'exposition sur Byzance, Constantinople et Istanbul qui va se poursuivre jusqu'au 25 janvier 2010.
Cette exposition est l'un des sommets de la Saison de la Turquie en France.




































